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Publié par Edouard Boulogne

Le « fann-kyou »? s'interrogeront, peut-être nos lecteurs de l'hexagone : Kekçekça? comme disait le fameux petit titi parisien de Victor Hugo, dans les Misérables, vous savez le célèbre Gavroche.

C'est une vieille tradition politico-syndicale de nos îles antillaises, et pas seulement antillaises.

Elle était déjà pratiquée, en France, hexagonale ( of course ) il y a plus de 400 ans au temps où le joyeux curé de Meudon, François Rabelais lui-même, imaginait, dans son Gargantua, une guerre atroce entre les méchants soudards d'un affreux tyran nommé Pichrochole, qui les jeta sur une abbaye de moines, pour qu'il n'en reste rien après leur passage, ni calice d'or, ni vaisselle d'argent, ni riches vêtements sacerdotaux, voués à la louange du Seigneur.

Mais les pillards manquaient de chefs expérimentés, et surtout du plus élémentaire sens psychologique. Car ces braillards, larrons vulgaires et...buveurs sans retenue, s'attardaient dans le vignoble de l'abbaye ( de Seuillé, c'était son nom ) et faisaient grande débauche du vignoble, dont on tirait le vin de Seuillé, sur lequel veillait amoureusement un certain jeune moine, robuste colosse, de sens bien plus réaliste que personne, un certain Frère Jean des Entommeures, qui, voyait consterné, se réfugier en leur chapelle pour prier le Seigneur contre les envahisseurs, les autres moines, alors que selon Jean, ( une anticipation d'Obélix de la célèbre bande dessinée ), comme jadis, à Rome, le vieux Caton, la seule vraie prière était la guerre, la guerre, la guerre !

Aussi, en la chapelle saisit-il à pleines mains, une énorme croix de bois massif, et, fonçant, tournant, virant, s'enfonça-t-il dans la masse des envahisseurs, et en fit un tel carnage que le vignoble,ou ce qui en restait et en tout cas le reste de l'abbaye fut sauvé.

Et c'est ainsi que commença le déclin de Pichrochole ( étymologiquement : bile amère )

Le récit de la bataille, épique, sur le mode parodique, est des plus réjouissants qui soit, et je me souviens d'avoir fait hurler de rire une classe de seconde, vers 1970, à l'époque où, parallèlement à la philo, on m'avait confié la charge d'une classe de gamins de seconde, en littérature française.

Je ne peux la reproduire ici, évidemment. Sauf un paragraphe où je vois l'une des origines du «  Fannk-you ». ( le créole ayant toutes les attaches – que l'on ne connait pas ! - avec les patois régionaux, et le vieux français des 16 et 17 ème siècle ).

Voici ce paragraphe dont je vais souligner, en gras, le passage adéquat :

«  Es uns écrabouillait la cervelle, es autres rompait bras et jambes, es autres délochait les spondyles 36 du col, es autres démoulait 37 les reins, avalait 38 le nez, pochait les yeux, fendait les mandibules, enfonçait les dents en la gueule, décroulait les omoplates, sphacelait les grèves 39, dégondait les ischies 40, débezillait les faucilles 41.

Si quelqu'un se voulait cacher entre les ceps plus épais, à icelui froissait42 toute l'arête du dos et l'éreintait43 comme un chien.

Si aucun sauver se voulait en fuyant, à icelui faisait voler la tête en pièces par la commissure lambdoïde ". Si quelqu'un gravait 46 en une arbre, pensant y être en sûreté, icelui. de son bâton empalait par le fondement. »

Eh oui! « empaler par le fondement », le vieux Rabelais, n'y allait pas par quatre chemins, et ses « compartriotes » antillais non plus, d'où le « fann-kyou »!

 

Mais à quoi, me direz-vous tend ce préambule dans un article que son titre renvoie au Hamas, tant aimé des niaises, et des niais?

Je dois avouer, d'abord, devoir mon illumination à l'UGTG, et à son Leader Maximo, Elie Domota, qui appellent à défiler demain en soutien au peuple de Gaza, opprimé par....le colonialisme. Israëlien il est est vrai. Mais pour Elie, nous le savons, « tou sa cémenm bèt, menm pwel » ( J'emprunte l'orthographe créyol de « poil » au dictionnaire d'Hector Poulet, qui, on le sait ne peut ni se tromper, ni nous tromper ).

J'avoue ensuite que j'avais prévu hier un article, sur la situation à Gaza, destiné à mettre en garde un certain nombre de lecteurs ( et lectrices. N'oublions pas la « parité » ), qui font une confiance imprudente à la TV, et sur le conflit du Moyen Orient, qui nous est présenté sur le mode binaire, du bon Hamas contre l'ignoble Israël, ce qui est un peu trop manichéen, me semble-t-il pour un esprit en bonne santé.

Voyez-vous, j'avais prévu, de publier, aujourd'hui, un article, lu dans Libération, d'un journaliste palestinien, décrivant les pressions et même un peu plus que des « pressions » qu'il avait subis pour ne pas dire ce qu'il voyait, et qui ne correspondait pas, mais vraiment pas, à la vision de la réalité des faits dans la bande ( de Gaza ), et dont les Parisiens ( et les Parisiennes. Voir plus haut ) avaient eu quelques jours avant la chaude expérience.

Ce journaliste, Radjaa Abou Dagga avait réussi à quitter Gaza pour Paris, et son article avait paru sur la version internet de Libération. Je l'avais mis en réserve pour le publier, ici, aujourd'hui. Mais patatras!

Voici ce qui est apparu sur l'écran.

 

«Tu dois quitter Gaza au plus vite et arrêter de travailler» ( c'était le titre de l'article ).

LIBERATION 24 juillet 2014 à 17:46

 

Cet article, qui décrivait les tentatives d'intimidation à l'encontre du journaliste palestinien Radjaa Abou Dagga, correspondant de «Ouest France» et ancien collaborateur de «Libération», a été dépublié à sa demande.

LIBERATION

 

Ah! lecteurs très chers du Scrutateur, comme diraient les médecins de Molière : «  voilà pourquoi votre fille est muette! ».

Faites circuler cet article. Surtout auprès de vos enfants, si vous en avez. Même s'ils ne vous croient pas ( ou le feignent ) il faut faire son devoir, et croire au pouvoir ( même à long terme ) de la grâce.

 

Assé pléré. An nou litté!

 

Le Scrutateur. 

1 ) Militant Hamas du fann-kyou. 2) 2 et trois : sans paroles. 4 ) Caricature d'Anastasie, symbole traditionnel de la censure. On a fait de grands progrès en matière de censure depuis cette époque.
1 ) Militant Hamas du fann-kyou. 2) 2 et trois : sans paroles. 4 ) Caricature d'Anastasie, symbole traditionnel de la censure. On a fait de grands progrès en matière de censure depuis cette époque.
1 ) Militant Hamas du fann-kyou. 2) 2 et trois : sans paroles. 4 ) Caricature d'Anastasie, symbole traditionnel de la censure. On a fait de grands progrès en matière de censure depuis cette époque.
1 ) Militant Hamas du fann-kyou. 2) 2 et trois : sans paroles. 4 ) Caricature d'Anastasie, symbole traditionnel de la censure. On a fait de grands progrès en matière de censure depuis cette époque.

1 ) Militant Hamas du fann-kyou. 2) 2 et trois : sans paroles. 4 ) Caricature d'Anastasie, symbole traditionnel de la censure. On a fait de grands progrès en matière de censure depuis cette époque.

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