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Publié par Edouard Boulogne

 

La politique par Pierre Boutang. Postface de Michaël Bar Zvi

 

J'ai eu le privilège de connaître et rencontrer parfois M. Pierre Boutang, au temps où il dirigeait son journal La nation Française. J'étais étudiant, et très jeune alors. Quand il mourut en 1998, j'adressai quelques mots à son épouse, Marie-Claire, qui, juste avant la seconde guerre mondiale fut, avec Jacqueline de Romilly, la deuxième femme française à être agrégée de l'Université ( agrégée de lettres classiques ). Elle m'adressa en retour un petit mot qui m'a touché et que je reproduis, plus bas, en photographie.

 

Le Scrutateur.

 

 

"Dans ce texte écrit au sortir de la guerre, à trente ans, le philosophe et théoricien politique Pierre Boutang (1916-1996) annonce et introduit à toute son uvre à venir en évoquant d´abord « la vie qu´il (lui) fut donnée d´avoir, enfant, dans un grand jardin », son « étonnement devant la consistance, la solidité des choses » et « ce jeu absurde » de leur découvrir et surtout de leur inventer des noms : «Toute forme que j´interrogeais, et qui me donnait sa réponse en se déroulant devant moi me conduisait au seuil de la joie». C´est donc la réminiscence éclatante des débuts d´un grand nom de la métaphysique française du dernier siècle (un de ceux que George Steiner dans un essai

fameux nommera « les logocrates »), mais aussi l´exploration de cette relation commune et originaire à l´être et au langage que la vie enfantine autorise. Ces pages magnifiques - dans un genre comparable auxConfessions de saint Augustin - constituent l´un des plus saisissants classiques de notre littérature, le récit de l´éveil d´une enfance heureuse qui va connaître vite «les constellations de la pauvreté et de l´échec » puisque de «cette maison, avec ce jardin, j´allais être chassé par des gens plus riches que nous » et, boursier dans un lycée, apprendre « par contact, quelle dérision c´était que l´égalité humaine proclamée par cette société» libérale et bourgeoise autour de 1928.

Philosophe, théoricien politique et romancier, homme de la trempe d'un Jünger, engagé aux côtés du général Giraud pendant la guerre avec lequel il préparera le débarquement américain en Algérie, Pierre Boutang (1916-1998) fonda et dirigea de 1955 à 1967 La Nation Française, hebdomadaire dans lequel il écrivit chaque semaine ses « Politiques ».

Puis il publia notamment Ontologie du secret (1973) (« maître livre du XXe siècle », selon George Steiner), Le Purgatoire (1976), Reprendre le pouvoir (1978), Maurras, la destinée et l'oeuvre (1984), alors qu´il succédait à Emmanuel Levinas à la chaire de métaphysique de la Sorbonne en 1976. « L'un des plus grands esprits de ce siècle » (Le Figaro), « auteur d'une oeuvre multiforme et tempétueuse... d'une force de conviction et cohérence peu communes, et d'une imprudence qui se souciait peu des modes ». (Le Monde).

 

La politique par Pierre Boutang – postface de Michaël Bar Zvi par Olivier Veron, Editions Les Provinciales, 2014, 160 pages, -

  

La politique par Pierre Boutang. Postface de Michaël Bar Zvi

 

J'ai eu le privilège de connaître et rencontrer parfois M. Pierre Boutang, au temps où il dirigeait son journal La nation Française. J'étais étudiant, et très jeune alors. Quand il mourut en 1998, j'adressai quelques mots à son épouse, Marie-Claire, qui, juste avant la seconde guerre mondiale fut, avec Jacqueline de Romilly, la deuxième femme française à être agrégée de l'Université ( agrégée de lettres classiques ). Elle m'adressa en retour un petit mot qui m'a touché et que je reproduis, plus bas, en photographie.

 

Le Scrutateur.

 

 

"Dans ce texte écrit au sortir de la guerre, à trente ans, le philosophe et théoricien politique Pierre Boutang (1916-1996) annonce et introduit à toute son uvre à venir en évoquant d´abord « la vie qu´il (lui) fut donnée d´avoir, enfant, dans un grand jardin », son « étonnement devant la consistance, la solidité des choses » et « ce jeu absurde » de leur découvrir et surtout de leur inventer des noms : «Toute forme que j´interrogeais, et qui me donnait sa réponse en se déroulant devant moi me conduisait au seuil de la joie». C´est donc la réminiscence éclatante des débuts d´un grand nom de la métaphysique française du dernier siècle (un de ceux que George Steiner dans un essai

fameux nommera « les logocrates »), mais aussi l´exploration de cette relation commune et originaire à l´être et au langage que la vie enfantine autorise. Ces pages magnifiques - dans un genre comparable auxConfessions de saint Augustin - constituent l´un des plus saisissants classiques de notre littérature, le récit de l´éveil d´une enfance heureuse qui va connaître vite «les constellations de la pauvreté et de l´échec » puisque de «cette maison, avec ce jardin, j´allais être chassé par des gens plus riches que nous » et, boursier dans un lycée, apprendre « par contact, quelle dérision c´était que l´égalité humaine proclamée par cette société» libérale et bourgeoise autour de 1928.

Philosophe, théoricien politique et romancier, homme de la trempe d'un Jünger, engagé aux côtés du général Giraud pendant la guerre avec lequel il préparera le débarquement américain en Algérie, Pierre Boutang (1916-1998) fonda et dirigea de 1955 à 1967 La Nation Française, hebdomadaire dans lequel il écrivit chaque semaine ses « Politiques ».

Puis il publia notamment Ontologie du secret (1973) (« maître livre du XXe siècle », selon George Steiner), Le Purgatoire (1976), Reprendre le pouvoir (1978), Maurras, la destinée et l'oeuvre (1984), alors qu´il succédait à Emmanuel Levinas à la chaire de métaphysique de la Sorbonne en 1976. « L'un des plus grands esprits de ce siècle » (Le Figaro), « auteur d'une oeuvre multiforme et tempétueuse... d'une force de conviction et cohérence peu communes, et d'une imprudence qui se souciait peu des modes ». (Le Monde).

 

La politique par Pierre Boutang – postface de Michaël Bar Zvi par Olivier Veron, Editions Les Provinciales, 2014, 160 pages, - 

( I ) Couverture de la nouvelle édition. ( II ) Le même ouvrage dans sa première édition. ( III ) Souvenir d'un temps qui s'éloigne. ( IV ) Un billet de Marie-Claire Boutang.
( I ) Couverture de la nouvelle édition. ( II ) Le même ouvrage dans sa première édition. ( III ) Souvenir d'un temps qui s'éloigne. ( IV ) Un billet de Marie-Claire Boutang.
( I ) Couverture de la nouvelle édition. ( II ) Le même ouvrage dans sa première édition. ( III ) Souvenir d'un temps qui s'éloigne. ( IV ) Un billet de Marie-Claire Boutang.
( I ) Couverture de la nouvelle édition. ( II ) Le même ouvrage dans sa première édition. ( III ) Souvenir d'un temps qui s'éloigne. ( IV ) Un billet de Marie-Claire Boutang.

( I ) Couverture de la nouvelle édition. ( II ) Le même ouvrage dans sa première édition. ( III ) Souvenir d'un temps qui s'éloigne. ( IV ) Un billet de Marie-Claire Boutang.

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Olivier Véron 25/07/2014 02:07

Gabriel Matzneff évoque lui aussi ses souvenirs : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gabriel-matzneff/matzneff-boutang-hollande-israel-la-politique-consideree-comme-souci-24-07-2014-1848672_1885.php