Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Suppression des notes à l'école. Vous êtes contre? Alors réagissez, et d'abord signez la pétition. Mais préparez-vous à argumenter. Êtes-vous contre la suppression des fessées dans l'éducation, sans être pour autant un bourreau d'enfant? Alors, dîtes-le, et fermement. Mais cela ne suffit pas. Entrez dans le débat. Et pour n'être pas contre-productif, réfléchissez à vos raisons. Formulez-vous un argumentaire. Rodez-le dans des discussions avec vos amis, y compris ceux qui ne partagent pas votre avis. Car il ne suffit pas d'avoir raison, si vous avez raison. Il faut pouvoir convaincre. Et l'on ne convainc pas par des slogans, assénés, par des « mais c'est évident voyons », mais autrement, et par ce que Pascal appelait l'Art d'agréer.

« C'est évident, voyons »! Celle-là, quand on vous la fait, comment réagissez-vous? Mhhhhh?

Amis scrutatoriens, je m'escrime des heures par jour, sur mon blog. Ce n'est pas pour tuer le temps. C'est pour le vivifier, car le temps, c'est...la vie, notre vie. Il y a du temps vide, comme il y a du temps plein. La plénitude, tout le monde n'y atteint pas par des voies identiques. Il fut un temps où l'éducation des enfants était une des voies ( il y en a bien d'autres : par exemple l'idéal sportif, pas pour l'argent, pour autre chose : le dépassement de soi; ou la construction d'une oeuvre, artistique, ou scientifique; ou encore par la perfection maximale recherchée, selon ses moyens, et chacun dans son domaine, souvent plus humble, par l'artisan, le chaudronnier, le cordonnier, l'ébéniste, ou tout autre, de la commande passée par le client, etc ), une des voies donc, qui donnent un sens à la vie, et la sensation du plein.

Si la retraite est un moment redoutable d'une vie d'homme ( c-à-d, n'est-ce pas, d'un être humain ) c'est par le risque d'une invasion du vide, par manque, désormais, d'idéal, même le plus simple, par exemple, le « simple » idéal d'être celle ou celui, que l'on quitte heureux d'avoir été en contact avec lui, l'homme du sourire, par exemple.

Ce sourire d'une amitié vraie. Et le pouvoir d'être un tel ami, et qui doit susciter chez l'autre le désir d'être de cette chevalerie là, ce pouvoir n'est pas donné, tout fait. Il est à conquérir, par la réflexion et la volonté toujours renouvelée d'y être fidèle, et l'humilité. Car l'orgueil et la vanité, sont les pires ennemis de l'amitié. Henry de Montherlant, dont l'oeuvre, malheureusement pour lui, fut supérieure à sa vie réellement vécue, l'a admirablement exprimé en ces termes dans sa pièce Port Royal : «  Il ne faut à aucun prix qu'un être par sa trahison nous décourage d'avoir plus jamais confiance en d'autres êtres. Il aurait trop gagné, s'il avait tué en nous la confiance faite à notre prochain ».

Il faut choisir le plein, et lutter systématiquement contre le « vide » au sens que je donne au mot dans ce billet.

Quand j'ai pris ma retraite, bien que j'eusse pu prolonger mon enseignement, et que cela m'eut d'ailleurs été proposé, ce ne fut point par fatigue ou je ne sais quel dégoût que je décidai de partir. L'enseignement pour celui qui a réfléchi avant de s'aventurer sur cette voie, celui en tout cas de la philosophie, n'est pas une corvée, mais une voie d'accomplissement, ce qu'on appelait autrefois ( l'esprit du temps va contre l'emploi de ce mot ) une vocation.

Nul ne peut, dans ce métier, comme en tout autre, prétendre avoir réussi en tout. Ce serait une outrecuidance insupportable. Mais il y a des signes, qui ne trompent pas, - lorsque le soir commence à tomber, - sur la question de savoir si vous avez penché du côté du vide ou de la plénitude.

Je décidai de partir.

Et j'entrepris d'oeuvrer désormais sur un chemin, certes différent, du moins selon l'apparence, et les moyens employés.

Mais une entreprise du type de celle du scrutateur est une « oeuvre », qui, bien conduite, si l'on en croit ( et j'en approuve la clairvoyance ) Gabriel Marcel, vous maintient sur le chemin de la création, dans l'esprit d'une philosophie créatrice, d'une philosophie de l'être, plutôt que de l'avoir.

Correspondre, interpeler son prochain, l'encourager, ou le contredire, et même si dans cette rencontre, l'interpellateur n'a pas toujours raison, c'est une entreprise créatrice. De même que l'interpellation par le lecteur, même lorsqu'elle revêt les apparences de la colère, voire de la haine, est aussi du domaine de la vie, quand tant de choses, aujourd'hui (hier aussi, car il faut se garder, considérant l'actualité, de donner dans l'enthousiasme naïf, ou dans le pessimisme négatif et rageur, stérile surtout ) nous poussent, sur internet notamment, à la vulgarité, ou à la fausse neutralité, qui n'est qu'un autre nom de l'hypocrisie et de la lâcheté. Et ne jamais oublier, que l'attaque en apparence haineuse, dissimule, parfois, sous son apparence violente, une humble ( mais qui ne s'avoue pas comme telle ) interrogation sur sa propre légitimité, et l'espérance cachée d'une réponse ...humaine. 

Ainsi, lecteurs, conçois-je mon « travail » quotidien fort absorbant, parfois fatiguant, mais accomplissant, roboratif, ennoblissant. Pour moi.

Pour vous? Je le voudrais bien.

Et je voudrais conclure ce modeste billet de ce début de soirée du 26 juin, par des remerciements pour ceux qui ont compris le sens de ce travail, qui m'aident activement à le poursuivre.

Ensemble, confortons-nous pour renforcer ce qui veut être au milieu de la cohue, et de l'invraisemblable chaos ( apparent? ) de notre époque troublée, un lieu de résistance, de résilience, de confiance, de permanence, de ce que notre civilisation a comporté ( comporte encore, mais battu des flots ) de meilleur dans les domaines essentiels du Vrai, du Beau, du Bien.

 

Edouard Boulogne.

 

( Noter que l'une des façons d'aider le Scrutateur est de s'y abonner. C'est gratuit. L'opération, très simple, s'accomplit en faisant défiler la page d'accueil, et en  accomplissant les quelques gestes informatiques nécessaires. Vous recevez, dès lors, chacun de nos articles dans votre boite aux lettres, et vous les lisez, ou non, selon le temps dont vous disposez, ou votre appêtit du moment. 

Parlez-en aussi, à vos amis, même ceux dont vous soupçonnez qu'ils ne partagent pas notre ligne éditoriale. 

Sinon, que devient le fameux dialogue, et l'interactivité? )

 

Taquinerie du Soir :

 

Je connais certaines catégories de lecteurs, fidèles, mais souvent chatouillés par « l'esprit du temps », et qui donc critiquent systématiquement le christianisme occidental ( dont la connaissance qu'ils en ont, il est vrai, tend asymptotiquement vers Zéro, comme disent les matheux ), mais prêts en revanche à donner sans plus de connaissances et d'esprit critique dans toutes les formes possibles ( et inimaginables, comme disait un petit garçon que j'ai connu ) de brahmanisme, d'hindouisme, de shintoïsme, de bouddhisme, d'islam, etc, pourvu qu'elles aient un petit côté étrange et non chrétien.

C'est en pensant à eux que j'ai choisi ce texte ( peu concessif envers les les modes occidentales actuelles, qui tendent, notament dans le domaine de la sexualité, à une indistinction peu compatible envers la...complémentarité, du Yin et du Yang )  et l'illustration de cet article.

 

LS.

 

Le Yin et le Yang.

 

Le Yin et le Yang ne peuvent être définis ni comme de pures entités logiques, ni comme de simples principes cosmogoniques. Ce ne sont ni des substances, ni des forces, ni des genres. Ils sont tout cela indistinctement pour la pensée commune, et aucun technicien ne les envisage jamais sous l'un de ces aspects à l'exclusion des autres. On ne les réalise pas plus qu'on ne les transcende ou qu'on ne cherche à en faire des abstractions. Dominée tout entière par l'idée d'efficacité, la pensée chinoise se meut dans un monde de symboles fait de correspondances et d'oppositions qu'il suffit, quand on veut agir ou comprendre, de faire jouer. On sait et on peut dès qu'on possède la double liste des emblèmes qui s'attirent ou se contrarient. La catégorie de sexe fait apparaître son efficace dans l'agencement des groupements humains. Elle s'impose donc comme principe d'une classification d'ensemble. Dès lors, la totalité des aspects contrastants qui constituent la société formée par les hommes et les choses, s'arrange en deux bandes affrontées d'appartenances masculines ou féminines. Symboles des oppositions et des communions sexuelles, le Yin et le Yang semblent conduire la joute concertante où ces aspects s'appellent et se répondent comme autant d'emblèmes et de signaux. Ils les suscitent par paires et forment eux-mêmes un Couple de Rubriques.

 

Marcel Granet.

 

( In : La pensée chinoise ) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une lettre aux lecteurs : Êtes-vous du « vide? Ou du « plein »? par Edouard Boulogne.
Une lettre aux lecteurs : Êtes-vous du « vide? Ou du « plein »? par Edouard Boulogne.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
A Sainte Marie - aux - Fleurs
en ce jour de la fête de St Pierre et St Paul

Lorsqu'après un essai un peu difficile en métropole, on commence une carrière d'enseignement sous la direction du Père Henri Baumlin, on se rend compte très vite qu'on est entré au Paradis ( je n'ai pas peur du mot) et, à sa retraite de Massabielle en 1993, les portes du Paradis se sont un petit peu refermées.
Après lui,ce ne fut plus pareil. Avec lui, c'était différent : nous n'avions pas beaucoup mais lui-même avait si peu et donnait tant de lui que nous aurions eu honte de trop demander.
Autour de lui,quelques supernovae: les unes évoquiaent Socrate,Platon, et le mythe de la caverne;
les autres, l'erreur absolue et l'erreur relative, la Soufrière et Saint Thomas d'Aquin, d'autres encore, Claude Bernard et les pièges des 2 circulations...

Mais lui, se passionnait pour la catéchèse à L'Oasis, où le tableau du retour du fils prodigue (Rembrandt,je crois), prenait un sens extraordinaire à travers son regard qui décrivait à ses élèves la main masculine et la main féminine du Père sur les épaules du Fils à genoux..
Son bureau restait la plus petite salle de tout l'établissement dont l'élément le plus riche était certainement une icône de la Vierge Marie, entourée d'un crucifix où le Christ en fer forgé ployait sous le poids des péchés et du portrait d'un prêtre, peut-être le père Robin, curé de la paroisse St Pierre et St Paul, fondateur de l'établissement en 1942. Et si le découragement ( ou la jalousie ) pointait son nez, il mettait son bras autour des épaules, appuyait sa tête et disait qu'il y avait des "piliers" (déjà le socle commun des compétences, M. le Recteur !!!)
Mais ce n'était que la partie émergée de l'iceberg, car il était encore Directeur Diocésain, Aumônier des prisons, oeuvrait en paroisse, sans compter la pastorale des familles qu'il soutenait dans et hors de son établissement et l'aide à Haïti Il était Père du Saint -Esprit.

La générosité du coeur du Yang est une des manifestations mystérieuses mais heureusement toujours actuelles, de l'Amour de Dieu pour l'homme. Que des êtres puissent en ce monde avoir un tel rayonnement, relève de l'ordre du Divin : " Un Autre te mettra ta ceinture et te conduira où tu ne voudrais pas aller"
Que notre pape François tienne bon sur la question du célibat et que Marie implore son Divin Fils de nous donner encore de nombreux et Saints Prêtres, car ils sont les preuves vivantes, dans ce monde souvent en perdition, du don, du sacrifice de soi à la suite de ce Fils.
Répondre