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Publié par Edouard Boulogne

Plaidoyer pour l'assimilation

 

Par Haroon Malik

 

Haroon Malik est étudiant à Sciences-Pô-Paris et écrivain. Il n'est pas né Français. Âgé de 21 ans, il l'est devenu, par une volonté personnelle, confortée, on le pressent dès les premières lignes de cet article par le projet paternel et familial. Certainement pas par les projets dits « intégrationnistes », en fait multiculturalistes, prônés par la pseudo élite qui, installée aux manettes du pouvoir politique et médiatique, ronge la France, au nom de valeurs abstraites, soi-disant universalistes, en fait creuses et vides.

Cet article, paru dans Valeurs Actuelles du 08 mai, est un indice qu'une personnalité forte résiste aux modes, s'incorpore les valeurs que son intelligence lui indique comme les plus aptes à l'affirmation de soi, comme homme concret ( et non comme pseudo « citoyen du monde » ). A Haroon Malik, ces valeurs concrètes sont apparues comme celles de la vieille nation française. Et ce Malik apparaît comme un « français de souche » bien plus crédible que les Hollande, Peillon, et autre Mélenchon.

 

LS.

 

Février 2001, Nogent-sur-Oise, un après-midi d'hiver. Un enfant de sept ans et demi, chemise bleue et jeans gris, descend d'une modeste voiture blanche, suivi par son père. Il balaie le quartier des yeux, étonné : partout il voit des gens de couleur, rarement des Blancs, des personnes habillées en djellaba, des jeunes qui traînent, des bruits de motos de cross dans tout le quartier. Posant la main sur son épaule droite, son père lui montre du doigt des tags sur les murs des bâtiments dégradés : « Nique la France », y lit-on. « Bienvenue en France », lui souffle son père à l'oreille, d'une voix où se mêlent indifférence et inquiétude. Ce jeune, c'était moi, ce père, c'était le mien. ( Souligné par Le Scrutateur. ).

Treize ans plus tard, j'aime cette France qui m'a accueilli et cette République qui m'a souri, passionnément ; j'étudie dans l'une des écoles les plus prestigieuses de mon pays, j'ai publié mes deux premiers livres à 21 ans et m'apprête à en publier un troisième à la rentrée. Étranger il y a treize ans, ce pays est aujourd'hui le mien. Et le jour où je suis officiellement devenu français, c'est-à-dire le dimanche 13 octobre 2013, fut le plus beau jour de ma vie.

L9 enfant que j'étais, et le jeune adulte que je suis, n'a jamais accepté qu'on soit accueilli, logé, nourri et éduqué en France et que l'on ne fasse pas l'effort de respecter ce pays, son histoire et ses valeurs. La France n'est pas une page vierge sur laquelle les immigrés écriraient une nouvelle histoire, avec leurs codes culturels et leurs va­leurs. C'est une page sur laquelle des générations écrivent, depuis des milliers d'année, une his­toire singulière, l'histoire de France. Quand je voyais dans mon quartier des immigrés vivant avec leurs propres codes culturels, leurs valeurs, leurs coutumes et ne faisant aucun effort pour s'intégrer - et encore moins pour s'assimiler -je me demandais, et je me le demande encore après treize ans : « Mais dans quel pays vivons-nous ? »

Mon grand déclic littéraire, politique et intel­lectuel, c'est le Fil de l'épée, du général de Gaulle : exemplarité, rigueur, autorité, attachement à la République et passion de la France. J'ai grandi dans un quartier très difficile, où on crachait sur la France et piétinait la République. Quand je ren­trais le soir chez moi, mon père me répétait, la sueur du travail de la journée encore visible sur

son front : « La France nous a accueillis et nous a donné les moyens d'avoir un avenir meilleur. Alors bats-toi et sois reconnaissant.» Pourquoi, me disais-je, les parents des jeunes de mon quartier, qui, pour une bonne partie d'entre eux, traînaient toute la journée et trafiquaient, ne transmet­taient-ils pas ce même message à leurs enfants ?

 

L'échec de l'intégration, je le vois et je le vis au quotidien dans mon quartier. Et c'est là aussi que l'État et nos politiques, déconnectés des réalités et par manque de courage, ont failli. Quand, en effet, on parque dans un même quartier des gens parlant toutes sortes de langues mais pas le fran­çais, quand toutes les cultures s'y rencontrent excepté la culture française, comment voulez-vous que ces gens fassent un effort pour s'inté­grer et s'assimiler ? Depuis trois décennies, les politiciens de la décadence sacrifient la culture, les valeurs et l'histoire de France à ceux qui veu­lent nous imposer les normes et codes culturels de leurs pays d'origine. Il est même dans l'air du temps de taxer de xénophobie et de racisme qui­conque s'élève contre cette doxa des bien-pen­sants de Saint-Germain-des-Prés qui, comble de l'ignominie, veulent désormais non plus que nous exigions de ceux que nous accueillons le res­pect de notre pays et la soumission à nos lois, mais que nous changions notre regard !

Tout ce que je suis aujourd'hui, je le dois à mon acharnement et à l'école de la République. Oui, je dois beaucoup à l'école républicaine, excepté l'amour de la France. Notre école n'est-elle pas la seule au monde où le patriotisme est devenu un gros mot ? C'est à mourir de honte.

Oh ! oui, les immigrés peuvent évidemment apporter une richesse culturelle, une autre façon de voir les choses, un autre rapport à la société. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils doivent déconsidérer la culture, le mode de vie, les prin­cipes et les lois français. Comme toute nation, la France est souveraine chez elle.

Je plaide pour l'assimilation, car l'échec de l'in­tégration ghettoïse nos villes, détruit le pacte répu­blicain et normalise le communautarisme et le sec­tarisme. Je plaide pour la primauté de la culture française sur toutes les autres cultures. Je plaide pour l'intransigeance et la fermeté quant au res­pect de nos valeurs et la soumission à nos lois. Car on ne négocie pas avec la République, on s'y plie.

Ce combat "pour que la France soit la France" m'est particulièrement cher, car c'est tout ce qui m'attache à la France qu'on cherche à détruire : son identité, son histoire, sa langue, ses valeurs. Mes deux prochains livres (les Oubliées de la Répu­blique et la Nécessité de l'assimilation) donnent corps à ce combat. ( Souligné par Le Scrutateur ). 

Plaidoyer pour l'assimilation, par Haroon Malik.
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